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  • 157 – Mais est-ce qu'une X peut être une tribu ?

    C'est la question que je me suis souvent posée, remplacer X par divers termes. Par exemple je me suis demandé si une affaire conventionnelle déjà bien établie peut être convertie en affaire tribale. Oui, probablement, avec quelques difficultés, la principale étant que la majeure partie des gens qui y sont impliqués le sont pour un salaire. Ceux qui ont grimpé l'échelle professionnelle ne veulent pas la redescendre. De même que certains ne seront pas contents d'avoir moins qu'un salaire, d'autres ne seront pas contents d'avoir plus qu'un salaire – ils veulent simplement faire leur boulot et rentrer à la maison. Mais bien sûr, rien n'est impossible.

    Un étudiant d'un de mes séminaires à Houston avait demandé si une poignée de gens ne pouvait pas se mettre ensemble et vivre tribalement, tout en gagnant individuellement leur vie ailleurs. Certainement, et c'est bien, mais c'est une communauté, pas une tribu, précisément parce qu'ils ne sont pas impliqués à gagner leur vie ensemble.

    Mais est-ce qu'une tribu ne peut pas être un communauté, et est-ce qu'une communauté ne peut pas être une tribu ?

    Il faut éclaircir certaines bases avant de répondre à ces questions.

  • 156 – La débrouillardise usuelle

    Dans une étude sur les gitans et autres peuples itinérants, l'anthropologue Sharon Bohn Gmelch énumère les raisons qui font que ces groupes survivent. Ils vivent à peu de frais et ont peu d'intérêt pour l'accumulation de matériel et l'augmentation du capital. Ils sont volontaires pour exploiter des activités en marge, boucher les trous de l'économie et à accepter des revenus faibles de sources multiples. En résumé, ce sont des débrouillards expérimentés, comme l'étaient tous les habitants de Madrid lorsque nous y vivions, comme l'étaient les membres du East Mountain News; aucun de nous ne vivait à cent pour cent de son activité au journal.

    Il en va de même avec les Neo-Futurists. Bien que leur objectif soit de vivre du théâtre, la plupart n'en tiraient que vingt ou vingt-cinq pour cent de leur revenu en 1998, d'après leur fondateur Greg Allen (qui complétait son revenu par des cours d'histoire du théâtre au Columbia College). Les autres ont des jobs à temps partiel comme masseur, éducateur physique, producteur de CD-ROM, technicien du son, astrologue, secrétaires, employés de restaurant et même une star d'un groupe punk.

    Un des membres de la compagnie, Geryll Robinson, écrit: « J'espère pouvoir mener ma vie sans soutenir ou être soutenu par l'économie américaine. Je ne le pourrais pas. Je me lance dans diverses activités bizarres et les gens me donnent de l'argent. J'ai visité Chicago, j'ai vu Too Much Light, j'ai voulu en faire partie. J'ai été auditionné. Maintenant je leur appartient. Ma vie est bonne, très bonne.