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  • 109 - « La culture du mal maximum »

    Les gens ont vécu sur cette planète de bien des manières différentes, mais il y a environ dix mille ans, un peuple est apparu qui croyait que tout le monde devait vivre de la même manière, leur manière, qu'ils considéraient comme étant la seule « bonne » manière. Après dix mille ans de travail fastidieux, ce peuple, que j'ai appelé Ceux-qui-prennent, a conquis chaque continent sur la planète et dominé complètement le monde. Durant leur conquête, Ceux-qui-prennent ont envahi, déplacé ou éliminé toutes les autres cultures et civilisations sur leur chemin. Dès que les civilisations du Nouveau Monde ont été détruites, il ne resta plus qu'une civilisation dans le monde entier, celle de Ceux-qui-prennent: la nôtre. A partir de ce point, civilisation est devenu synonyme de notre civilisation.

    Actuellement, les Etats-Unis d'Amérique représentent le point maximal d'abondance que notre civilisation a atteint. Il n'y a aucun autre lieu sur terre où des gens possèdent plus, utilisent plus ou gaspillent plus qu'aux USA. Bien que d'autres nations n'ont pas encore atteint ce point, ils se languissent de l'atteindre. Ils n'ont pas d'autre but. Il n'y a qu'une seule bonne façon de vivre pour les gens, et le peuple étasunien la personnifie. Tout le monde sur terre devrait avoir une maison, une voiture, un ordinateur, un téléviseur, un téléphone, etc, au moins un de chaque et idéalement plusieurs.

    C'est ce que j'appelle « la culture du mal maximum », une culture où tous les membres se consacrent à atteindre le niveau de l'abondance maximale (et à toujours augmenter le niveau de l'abondance maximale).

  • 108 - Mais comment est-ce que cela nous rend inoffensifs ?

    Après avoir lu jusqu'à ce point, un étudiant me demanda: « j'adore ce que vous écrivez, mais je ne vois pas en quoi s'éloigner de la civilisation nous aidera à vivre aussi inoffensifs que les requins, les tarentules ou les serpents à sonnette, ce qui est le critère de succès que vous avez établi dans Ishmael. »

    Je pense que cette personne, comme beaucoup d'autres, est plus à l'aise avec l'idée d'abandonner des choses que d'en obtenir. Il a peur que des gens qui prennent du plaisir ne vivent pas de façon aussi irréprochable que les gens qui se privent. Les gens bien intentionnés veulent souvent avoir le sentiment de se refuser quelque chose, ce qui est la seule chose qu'on puisse attendre d'une culture dont tous les systèmes éthiques et religieux prônent l'abnégation. Dans les sociétés hiérarchiques c'est toujours une bonne idée que de faire passer la pauvreté pour une bénédiction (et les riches tirent toujours une vanité de leur période d'austérité).

    Si vous pensez que c'est quelque chose qui n'a plus cours, faites ce test. Trouvez-moi un seul livre d'école primaire ou secondaire qui promeut le fait d'être riche comme une valeur. Etre riche n'est jamais présenté aux écoliers comme un idéal. Cherchez partout où vous voudrez, vous ne trouverez pas un seul texte disant « Gagnez plein d'argent pour pouvoir avoir le meilleur de tout: belles voitures, villas de luxe, yacht, domestiques, habits de marque, bijoux extravagants, voyages fréquents en première classe, etc. ». Notre mythologie de salle de classe est aussi bégueule sur la richesse qu'elle l'est sur le sexe.