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Au-delà de la civilisation: la prochaine grande aventure de l'humanité

  • 190 – Une fin percutante

    Comme tout auteur, je m'imaginais que, lorsque le moment arriverait, j'aurais une fin percutante pour ce livre, un grand battement de cymbales, un pur rayon de soleil perçant les nuages (vous savez). Mais rien de tel ne s'est produit. Hier après-midi,  durant la conversation, j'ai mentionné ce fait à Rennie. Je ne m'attendait pas à ce qu'elle travaille sur ce problème, parce que ça ne me semblait pas être un problème. Malgré tout, à trois heures du matin, elle s'est réveillée pour m'expliquer pourquoi une super fin ne s'est pas présentée et pourquoi il ne s'en présentera aucune. Dans la foulée, elle m'a aussi dit que je devrais le dédicacer également à Hap et C.J., et que c'était le premier de mes livres qu'elle désirait que je lui dédicace (pour les autres livres, elle avait simplement accepté le fait).

    Il n'y a pas de fin à ce livre, me dit-elle, parce que c'est fondamentalement un début, et bien sûr elle a raison.

    Cela signifie donc qu'il n'y aura pas de fin percutante. La fin percutante est de l'autre côté de la page, une fois que le livre sera refermé, à l'endroit où la révolution prendra place.

    C'est à vous d'écrire une fin percutante.

     

    FIN

  • 189 – 150 mots d'avis

    Vous n'avez pas besoin d'avoir toutes les réponses. C'est certain que je ne les ai pas. Il vaut toujours mieux dire: « Je ne sais pas » que de faire semblant et se brûler.

    Poussez les gens à formuler leurs propres questions. Ne tentez pas de vous imaginer quelles sont leurs difficultés. N'essayez jamais de répondre à une question que vous ne comprenez pas. Obtenez des explications de ceux qui demandent, insistez jusqu'à ce que ce soit limpide, et neuf fois sur dix ils fourniront eux-mêmes la réponse.

    Les gens écouteront lorsqu'ils seront prêts, pas avant. Certainement, qu'une fois, vous n'étiez pas prêt à écouter. Laissez les gens prendre le temps qu'il faut. L'insistance et la brutalité ne feront que vous les aliéner.
    Ne perdez pas de temps avec les gens qui veulent discuter. Ils vous retiendront sans fin. Cherchez ceux qui sont déjà ouverts à quelque chose de neuf.

  • 188 – Quoi ? Pas de miracles ?

    Jacques et Joëlle passent quelques jours avec leur ami Simon sur son petit voilier. Un matin ils se réveillent et réalisent que le bateau est en train de couler.

    -- Qu'allons nous bien pouvoir faire, demande Joëlle.
    -- Ne te fais pas de soucis, répond Jacques, Simon est très ingénieux.
    -- Simon les appelle et leur dit : il va falloir abandonner le navire.
    Joëlle était inquiète mais Jacques lui assura que Simon n'allait pas les laisser tomber.
    -- Nous sommes seulement à une centaine de mètres de la rive, dit Simon, allons-y !
    -- Mais comment allons-nous nous en sortir, voulu savoir le couple.
    -- Nous allons nager bien sûr ! Voyant la déception sur le visage de Jacques, Simon lui demanda ce qui n'allait pas.
    -- Jacques répondit : j'espérais que tu trouverais un moyen de nous faire atteindre la rive sans avoir besoin de se mouiller.

    Un lecteur du début me manifesta la même déception. Il pensait que je serais capable de trouver un moyen de nous faire atteindre directement notre nouveau monde économique sans se « mouiller » dans l'économie environnante de « ceux-qui-prennent ». La nouvelle économie tribale (qu'au mieux je peux à peine imaginer) est la terre ferme devant nous. L'atteindre en se tenant dédaigneusement en dehors de l'économie environnante ferait passer la marche sur l'eau pour un miracle très mineur.

  • 187 – Le début n'est pas la fin

    L'au-delà de la civilisation n'est pas un espace géographique dans les montagnes ou sur une île déserte lointaine. C'est un espace culturel qui s'ouvre parmi les nouveaux esprits.

    Les vieux esprits pensent :
    Comment résolvons-nous ces problèmes ?

    Les nouveaux esprits pensent :
    Comment provoquons-nous ce que nous voulons qu'il se passe ?

    Lorsque vous discuterez des idées présentes dans ce livre avec vos amis, vous identifierez les vieux esprits facilement. Ce sont ceux qui jouent toujours à « l'avocat du diable », qui mettent en avant et se concentrent toujours sur les difficultés et qui ne voient que des problèmes. Concentrez-vous plutôt sur ce que vous voulez qu'il se passe et comment vous voulez le provoquer, plutôt que sur toutes les choses qui peuvent les empêcher de se produire.

    Croyez-le ou pas, une personne m'a dit une fois : « Oui, mais est-ce qu'on devra toujours payer des impôts ? » Oui, et il faudra toujours sortir le chien, respecter les limitations de vitesse et déblayer la neige de l'allée en hiver. Et ce sera toujours une bonne idée d'arriver à l'aéroport quelques minutes avant le départ.

  • 186 – Objection no 2 !

    Un autre essayera ceci : « Mais êtes-vous en train de dire, M. Quinn, que de n'avoir aucune bonne façon de vivre est la bonne façon de vivre ? ».

    Non, je ne dis pas ça, parce que ce sont des babillages vides de sens. Ne pas avoir de bonne façon de vivre n'est pas une bonne façon de vivre, pas que de n'avoir aucune bonne façon de cuire un œuf serait une bonne façon de cuire un œuf.

    Savoir qu'il n'existe aucune bonne façon de vivre ne vous dira pas comment vivre, pas plus que de savoir qu'il n'existe pas de bonne heure pour aller au lit vous dira à quelle heure aller au lit.

  • 185 - Objection no 1 !

    Mais ces mots auront à peine été énoncés qu'un puits de science viendra demander : « Mais M. Quinn, ne prétendez-vous pas que la vie tribale est la bonne façon de vivre pour les gens ? »

    Je ne dis rien de tel. Comme je l'ai dit, les cadeaux de la sélection naturelles ne sont pas parfaits (et encore moins « justes »), mais ils sont diablement difficile à améliorer. La vie tribale n'est pas la bonne façon de vivre, c'est juste une façon qui a fonctionné pendant des millions d'année, contrairement à la façon hiérarchique, qui nous mène face à l'extinction après à peine dix mille ans.

    Pour autant que je sache, la vie tribale pourrait être dépassée dans le futur par une autre façon qui fonctionne mieux pour nous dans des circonstances qui seront manifestement très différentes de celles du passé. En fait, n'est-ce pas exactement ce que je propose dans ces pages ? Après tout, je ne suggère pas qu'on revienne à la vie tribale telle qu'elle était connue durant les trois premiers millions d'années de la vie humaine, ou telle qu'elle est toujours connue chez les peuples aborigènes survivants. Le tribalisme ethnique à l'ancienne est, dans un futur aussi loin que je puisse imaginer, complètement hors de notre portée.

    Le tribalisme de la nouvelle révolution tribale n'est pas proposé comme une finalité, comme quelque chose de juste qui doit être suivi à n'importe quel prix, il est proposé comme un point de départ, à un moment où nous devons soit effectuer un nouveau départ ou nous résigner à rejoindre les dinosaures dans un futur très proche.

  • You are not alone

    Quoique...à part moi et kamaraimo y'a pas trop de monde sur ce site !

    J'étais très occupé ces temps, j'espère terminer la traduction bientôt. Et après, y'aura une version française d'Ishmael....

  • 184 – Pas de meilleure façon

    Une fois qu'on le réalise, il devient parfaitement clair que c'est l'histoire qui a été mise en scène durant les trois ou quatre premiers millions d'années de la vie humaine. On sent aussi clairement que la notre n'est qu'un cas particulier d'une histoire plus vaste, écrite dans la communauté du vivant elle-même depuis le début, il y a cinq milliards d'années: Il n'y a pas une façon de vivre qui soit la meilleure pour N'IMPORTE QUOI.

    Pas de meilleure façon d'articuler une machoire.
    Pas de meilleure façon de bâtir un nid.
    Pas de meilleure façon de concevoir un oeil.
    Pas de meilleure façon de nager sous l'eau.
    Pas de meilleure façon de se reproduire.
    Pas de meilleure façon d'élever ses enfants.
    Pas de meilleure façon de former une aile.
    Pas de meilleure façon d'attaquer votre proie.
    Pas de meilleure façon de se défendre contre une attaque.

    C'est ainsi que nous les humains sommes arrivés à ce point, en mettant en scène cette histoire, et ça a fonctionné fantastiquement bien jusqu'à il y a dix mille ans, quand une culture étrange est devenue obsédée par la notion qu'il devait n'y avoir qu'une seule bonne façon de vivre, et par conséquent une seule bonne façon de faire  presque tout.

  • 183 – Vivre une autre histoire

    Comme je l'ai développé dans Ishmael, « l'histoire » que nous mettons en scène dans notre culture est la suivante: Le monde a été créé pour la conquête et la domination de l'homme, et l'homme a été créé pour la conquérir et la dominer ; et sous la domination de l'homme le monde aurait pu devenir un paradis si ce n'est qu'il (Ndt: l'homme) est fondamentalement et irrémédiablement imparfait. Cette histoire, mythologique, est la fondation de toutes nos mythologies culturelles, et j'ai dit dans Ishmael qu'il n'était pas possible pour les gens de simplement cesser de vivre dans ce genre d'histoire. Il doivent avoir une autre histoire à vivre.

    Lorsque j'ai écrit ces mots, je n'ai pas réalisé que des gens pourraient imaginer que cette « autre » histoire puisse être une création toute neuve que moi ou un groupe de mythologues conjurerions du néant, mais bien sûr certains l'ont fait. Mais étrangement, mis au défi de formuler cette autre histoire, que j'ai décrite comme ayant été mise en scène durant les trois premiers millions d'années de l'histoire humaine, j'ai découvert que je ne parvenais pas à le faire d'une façon satisfaisante. C'est parce que j'essayais de la formuler de façon qu'elle soit parallèle en tout point à la notre. Je n'ai pas réalisé pendant un bon bout de temps que l'autre histoire était bien plus simple (bien plus « primitive ») que la notre, et que je l'avais déjà formulée. A mon sens, c'est la plus belle histoire jamais racontée.

    Il n'y a pas une façon de vivre qui soit la meilleure.

  • 182 – Pourquoi les choses ne changent-elles pas ?

    La période hippie des années 60 et 70 a produit beaucoup de chansons sur la révolution, mais cette révolution ne s'est jamais matérialisée, parce que les révolutionnaires n'ont jamais réalisé qu'ils devraient trouver une façon révolutionnaire de gagner leur vie. Leur contribution typique fut de démarrer des communautés, une  idée toute neuve issue des mêmes individus qui nous avaient amené les perruques poudrées.

    Lorsque l'argent s'est tari et que les parents en ont eu assez, les enfants regardèrent autour d'eux et ne virent rien d'autre à faire que de faire la queue pour trouver un job à la mine. Et en un clin d'oeil ils se retrouvèrent à pousser des pierres en haut de la même pyramide que leurs parents, grands parents, et arrière-grand-parents bâtissaient depuis des siècles.

    Cette fois-ci ce sera différent. Il y a intérêt.